Interview Héloïse

Héloïse, on sait que tu es la femme de Maxime et son associée dans Trentième étage, mais à part ça, qui es-tu ?

Je suis une femme de 27 ans (et des poussières). J’ai deux enfants (un ado et une petite fille), 3 chats et beaucoup de paires de chaussures. J’ai eu plusieurs métiers et juste avant de devenir chef d’entreprise, j’étais fonctionnaire, autant dire que je n’ai pas peur des contradictions.

Etre une femme, une maman … dans un métier qui bosse pendant les vacances scolaires, le week-end et dans des horaires décalés, j’entends souvent des femmes me dire : « je rêve de travailler dans le mariage mais je ne peux pas je suis maman » ou des trucs du genre : « oulala tu as de la chance d’avoir un mari qui garde les enfants quand tu travaille!!! » ( ouais truc de dingue c’est les siens aussi lol ) ! Comment as-tu géré cela, ces casquettes de chef d’entreprise, univers mariage, maman, femme ?

Ne nous mentons pas, ça demande ENORMEMENT d’organisation. Faire garder ses enfants le WE, ce n’est pas aussi simple que lorsqu’on a un boulot avec des horaires « classiques ». J’ai la chance d’avoir pu compter sur mes parents qui m’ont beaucoup aidé et mon fils passait un grand nombre de week-end chez son papa. Après, c’est comme pour tout, quand on veut on peut, il ne faut surtout pas que cette inquiétude empêche d’autres femmes de devenir entrepreneuses dans le milieu du mariage.

L’avantage est quand même que notre planning en semaine est beaucoup plus flexible que pour les mamans qui ont un emploi salarié classique. Ca m’a notamment permis de ne jamais inscrire mes enfants en centre de loisirs et de passer les 2 premières années avec ma fille à mes côtés.

Vous avez annoncé publiquement, il y a quelques semaines la fin de Trentième étage dans le mariage… Comment expliques-tu, avec un peu de recul maintenant, votre progression si rapide dans cet univers si concurrentiel ?

La rage de vaincre ! Sérieusement, quand on s’est lancé, nous n’avions pas de source de revenu et il fallait donc gagner de l’argent très rapidement. Nous avons donc décidé de commencer de tout en bas, d’aller chercher les clients un par un et c’est ainsi que nous avons acquis des réflexes pour vendre.

L’essentiel, et c’est ce qui manque à beaucoup de prestataires dans le milieu du mariage, c’est que l’on a toujours essayé de rester nous mêmes et pas de plaire au plus grand nombre. C’est d’ailleurs ce que j’essaie de transmettre aux chefs d’entreprise qui viennent me voir au Business Bootcamp : il n’y a pas une recette magique, il y a une recette pour chacun.

Interview Héloïse
Interview Héloïse

Quel a été votre meilleure arme pour réussir ?

L’envie de réussir et de prouver que tout était possible (et, clairement, c’était le cas!)

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui s’apprête à commencer une carrière dans le mariage ?

Ne pas se comparer. Ne pas suivre l’actualité des prestataires du même domaine. Avoir un réseau sain et éviter les gens qui n’ont pas les mêmes objectifs ou ne travaillent pas vraiment (et il y en a dans le milieu du mariage!)

Et pour toi quelles sont les erreurs à éviter pour un chef d’entreprise dans le mariage ?

Tout donner à ses clients. Sous prétexte que l’affect joue un rôle prépondérant dans notre boulot, nous avons tendance à laisser passer tout et n’importe quoi. Notre travail est un travail qui se respecte, chaque prestation a un coût, il faut apprendre à connaître la valeur de son travail pour à la fois ne pas se brader et aussi réussir à gagner sa vie en se faisant respecter de ses clients.

Je sais que tu n’as pas eu que de très bonnes expériences avec des wedding-planner… Du coup dans ce que tu as pu voir sur notre métier quel image en as-tu ?

Je t’arrête tout de suite Manue, j’ai rencontré de bonnes wedding planner, de très bonnes wedding planner même. Mais aussi (et soyons honnête, en majorité) de très mauvaises. L’amateurisme, le manque de formation, le fait qu’une femme qui a organisé son mariage ou celui de sa soeur pense pouvoir s’improviser wedding planner fait beaucoup de mal à la profession.

Si toutes acceptaient d’investir un minimum et de s’investir avant de se lancer (en se formant, essentiellement), moins de mariages seraient gâchés (et oui, je n’hésite pas à employer les grands mots).

Interview Héloïse
Interview Héloïse

Bon !!! On a encore beaucoup de boulot pour professionnaliser ce métier, du coup, de ton expérience, tu nous conseille quoi ?

Une formation avant de se lancer, et une formation tout au long de la carrière, comme dans tout métier finalement. 

Avoir aussi une vision claire de ce qu’est un wedding planner, que les WP elles mêmes arrêtent d’utiliser ce mot quand ce qu’elles font n’ont rien à voir avec de l’organisation (j’ai vu des décoratrices se présenter comme WP, des traiteurs et même des DJ…)

Je vais pas te poser la question «  Alors tu fais quoi maintenant ? » car on attend le live pour l’annonce, par contre on sait qu’en janvier, tu es avec Maxime conférencière au Wedd’Challenge … Pourquoi as-tu accepté de rejoindre ce congrès ?

 

Pour l’instant, je me forme sur mon prochain métier, et je continue évidemment les Business Bootcamps pour aider les entrepreneurs à vivre vraiment de leur passion (www.lebusinessbootcamp.com)

Concernant le Wedd’Challenge, il me parait évident que le milieu du mariage en France (et je ne vise pas uniquement les WP, mais tous les prestataires) a besoin d’être tiré vers le haut. Beaucoup de prestataires se sentent isolés, et il est important, même essentiel, de pouvoir échanger avec d’autres professionnels du même milieu. Ca aide souvent à relativiser et gérer ce qui parait insurmontable.

Et pourquoi faut il venir assister au Wedd’Challenge d’après toi Héloïse ?

Je l’ai constaté dans mes Bootcamp et je le vois aussi chez beaucoup de pros du mariage, la réussite n’est souvent qu’à un pas. Parfois il suffit de changer une mauvaise habitude, de comprendre un concept, d’appliquer quelques règles simples pour passer d’un business hasardeux à un business viable et rentable.

Je pense que les différentes conférences du Wedd’Challenge aideront probablement les pros du mariage à avancer et devenir de meilleures versions d’eux mêmes.

Merci Héloïse, pour conclure ton meilleure souvenir de chef d’entreprise du mariage ? Et ta citation préférée ?

 

Mon meilleur souvenir ? Je crois que ça reste les très belles rencontres que j’ai pu faire que ce soit parmi mes mariés ou les autres prestas. J’ai eu la chance aussi d’accéder à des endroits luxueux dont je n’imaginais même pas l’existence.

Et pour conclure, ma citation préférée : « Sky is the limit » (Notorious Big), évidemment !